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Rituel de Magie Blanche Recettes, plantes et provenances

Plantes et herbier

Dix plantes de l’herbier des rituels

Armoise, verveine, millepertuis, joubarbe : dix plantes, leur nom latin, leur nom ancien et le texte le plus ancien où on les trouve citées.

Gravure ancienne d'une pièce de distillation et de simples

Illustration : Nathan Bailey, Dictionarium domesticum (1736), Domaine public

Dix plantes reviennent dans presque tous les recueils de formules français, du livret de colportage aux pages contemporaines. Pour chacune, trois choses se vérifient : son nom latin, son nom ancien, et le texte le plus ancien qui la cite. C’est ce que j’ai rassemblé ici.

Les cinq plus citées

La verveine officinale — Verbena officinalis. La plus présente de toutes. Pline l’Ancien la nomme hierobotane, l’herbe sacrée, et décrit une cueillette rituelle qu’il attribue aux Gaulois : tracer un cercle, récolter à un moment précis, laisser une offrande. Le nom populaire d’« herbe aux sorciers » est attesté bien plus tard.

L’armoise commune — Artemisia vulgaris. Connue comme herbe de Saint-Jean. La tradition des ceintures tressées portées la nuit du 24 juin est documentée dans toute l’Europe de l’Ouest, avec des variantes de nom selon les provinces. Son nom de genre renvoie à Artémis.

Le millepertuis perforé — Hypericum perforatum. Le nom latin médiéval, fuga daemonum, a donné en français « chasse-diable ». Les ponctuations translucides de la feuille, visibles en la tenant à contre-jour, lui valent son nom de mille-pertuis : mille trous.

La rue fétide — Ruta graveolens. Appelée herbe de grâce, parce qu’elle servait à asperger. Plante très odorante et photosensibilisante au contact, ce qui est une donnée de botanique et non de tradition.

La sauge officinale — Salvia officinalis. Son nom vient de salvare, sauver. L’École de Salerne lui consacre un adage resté célèbre : pourquoi mourrait l’homme à qui la sauge pousse au jardin ?

Les cinq autres

La joubarbe des toits — Sempervivum tectorum. Plantée sur les toits et les murs pour écarter la foudre. Elle figure sous le nom de Iovis barba, barbe de Jupiter, dans la liste des plantes à cultiver du capitulaire De villis, rédigé sous Charlemagne : c’est l’une des plus anciennes attestations utilisables.

L’angélique — Angelica archangelica. Son nom lui vient de la tradition qui attribue sa découverte à un archange. Très employée pendant les épidémies, et cultivée en France pour la confiserie dès le XVIIe siècle.

L’hysope — Hyssopus officinalis. Citée pour l’aspersion d’après le verset des psaumes. Précision qui compte : les botanistes considèrent que l’hysope des textes bibliques n’est probablement pas cette espèce, mais une plante du genre Origanum. Le nom a voyagé plus que la plante.

Le laurier noble — Laurus nobilis. Le laurier d’Apollon, celui des couronnes et de Delphes. La feuille se retrouve dans les recettes de protection et dans celles de songe.

L’ail cultivé — Allium sativum. Cité comme amulette dès l’Antiquité, Pline compris. Certains commentateurs ont rapproché le moly d’Homère d’un ail sauvage, mais l’identification reste discutée.

Comment lire une liste de plantes

Un nom seul ne suffit jamais. « Verveine » peut désigner la verveine officinale ou la verveine citronnelle, qui est une autre plante, d’un autre genre et d’un autre continent. Une liste qui donne le binôme latin se vérifie dans une flore ; une liste de noms populaires ne vaut pas une liste de binômes, même quand elle est plus jolie à lire.

Ces plantes sont-elles toutes sans danger ?

Non, et la question ne se règle pas plante par plante mais usage par usage : la rue est photosensibilisante au contact, le millepertuis interagit avec de nombreux médicaments, et plusieurs de ces espèces sont déconseillées pendant la grossesse. Pour un usage interne, c’est à un pharmacien ou à un médecin qu’il faut poser la question, pas à un herbier.

Pourquoi autant de plantes liées à la Saint-Jean ?

Parce que la date — le solstice d’été — correspond à la pleine floraison de beaucoup d’entre elles, millepertuis et armoise en tête. La raison est d’abord botanique ; le calendrier religieux s’est posé dessus.

Où trouver les noms anciens d’une plante ?

Dans les flores régionales et les dictionnaires de noms populaires, qui recensent les appellations par province. Les grands herbiers imprimés du XVIe siècle donnent aussi leurs propres listes de synonymes, souvent plus riches que les listes modernes.

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