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Rituel de Magie Blanche Recettes, plantes et provenances

Plantes et herbier

Les porte-bonheur végétaux

Trèfle, gui, coudrier, marron d'Inde : ce que chaque porte-bonheur végétal est botaniquement, et depuis quelle date l'usage est attesté.

Gravure ancienne d'une pièce de distillation et de simples

Illustration : Nathan Bailey, Dictionarium domesticum (1736), Domaine public

Les porte-bonheur végétaux ont l’avantage d’être datables, et parfois de façon très serrée : quand la plante elle-même est arrivée tard en Europe, l’usage ne peut pas être plus ancien qu’elle. C’est le meilleur garde-fou contre les généalogies imaginaires.

Le trèfle à quatre feuilles

Il s’agit presque toujours du trèfle blanc, Trifolium repens, dont la feuille normale compte trois folioles. La quatrième est une anomalie de développement, pour partie héritable : certaines stations en produisent régulièrement, ce qui explique qu’on en trouve plusieurs au même endroit. Les estimations de fréquence couramment citées — de l’ordre d’un pied sur dix mille — sont des approximations, et elles varient selon les populations observées.

L’usage comme porte-bonheur est attesté dans les recueils de folklore anglais et français à partir du XIXe siècle. Les mentions antérieures sont rares et discutées.

Le gui

Viscum album, plante hémiparasite qui pousse sur les branches d’arbres hôtes — peupliers, pommiers, aubépines le plus souvent. Pline l’Ancien décrit une cueillette rituelle attribuée aux druides, à la faucille, sur le chêne. Deux précisions utiles : le gui sur chêne est rare, ce qui est précisément ce qui en faisait le prix dans la description de Pline, et nous n’avons pas d’autre source indépendante pour cette scène.

Les baies sont toxiques pour l’homme, alors qu’elles sont la nourriture d’hiver de plusieurs oiseaux qui assurent sa dissémination.

Le coudrier

La baguette de sourcier se taille traditionnellement dans le noisetier, Corylus avellana, d’où son nom de baguette de coudrier. On tient ici une date précise : Georg Agricola, dans son traité sur les mines imprimé en 1556, décrit l’usage de la baguette par les prospecteurs et le discute. La pratique est donc attestée au plus tard au milieu du XVIe siècle, dans un contexte minier avant d’être agricole.

La pervenche et le houx

La petite pervenche, Vinca minor, porte en français le nom de violette de sorcier et figure dans les herbiers attribués à l’Antiquité tardive parmi les plantes de protection. Le houx, Ilex aquifolium, doit son rôle à deux caractères botaniques simples : il garde ses feuilles l’hiver et il porte ses fruits à la mauvaise saison.

Le marron d’Inde, et pourquoi il date

Porter un marron en poche contre les rhumatismes est un usage bien documenté au XIXe siècle. Or le marronnier d’Inde, Aesculus hippocastanum, n’arrive en Europe occidentale qu’à la fin du XVIe siècle, par Vienne et Constantinople. L’usage ne peut donc pas être plus vieux que cela, quoi qu’en dise une page qui le présenterait comme ancestral.

C’est exactement le genre de vérification que je fais avant de reprendre une formule : la date d’introduction d’une plante ne se négocie pas, et une tradition qui l’ignore ne vaut pas une tradition qui s’y accorde.

Faut-il cueillir le gui soi-même ?

C’est ce que disent les textes anciens, mais c’est aussi une plante dont les baies sont toxiques, et qui pousse en hauteur sur des arbres qu’il faut parfois escalader. Les descriptions de Pline parlent d’un contexte rituel précis, pas d’une règle générale de cueillette.

Un trèfle à cinq feuilles, ça compte ?

Botaniquement, c’est la même anomalie, et on en trouve jusqu’à six ou sept folioles. Le folklore ne retient que le quatre, probablement parce qu’il est le plus fréquent des cas anormaux et donc le plus souvent rencontré.

La baguette de sourcier est-elle une pratique agricole ancienne ?

Les premières descriptions écrites viennent du monde minier du XVIe siècle, pas des campagnes. Le passage à la recherche d’eau est postérieur, et c’est sous cette forme que l’usage s’est maintenu.

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