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Rituel de Magie Blanche Recettes, plantes et provenances

Les couleurs de la magie

Magie verte, grise, bleue : les couleurs d’appoint

Verte, grise, bleue, jaune : les couleurs secondaires n'ont pas de définition stable. Ce que chaque auteur met dedans, et depuis quand le mot circule.

Page de manuscrit enluminé, lettrines peintes et bordure dorée

Illustration : Auteur inconnu, CC0

Au-delà du blanc, du noir et du rouge, une série de couleurs circule : verte, grise, bleue, jaune, parfois brune ou dorée. Aucune ne possède de définition stable, et c’est l’information la plus utile à retenir avant de lire ce qu’on en écrit.

La verte, la mieux installée

C’est la seule des couleurs d’appoint qui soit d’emploi courant et à peu près constant. Elle désigne les usages des plantes : cueillette, séchage, décoctions, calendrier des saisons. Le mot vient de la littérature anglophone, où green witchcraft se répand dans le dernier tiers du XXe siècle, et il arrive en français par la traduction.

Son contenu, lui, est très ancien. Les mêmes plantes figurent dans les herbiers imprimés du XVIe siècle, souvent avec les mêmes indications de cueillette — à la rosée, avant le lever du soleil, à telle lune. Quand un texte « vert » paraît neuf, c’est généralement sa mise en forme qui l’est.

La grise, une position intermédiaire

La magie grise sert à nommer ce qui ne se range ni du côté licite ni du côté illicite : une opération tournée vers soi, sans visée de nuire mais sans scrupule particulier non plus. Le mot est tardif et son emploi presque entièrement contemporain du web francophone, où il règle un problème de classement plus qu’il ne décrit une pratique.

On le rencontre aussi, chez certains auteurs, pour qualifier une opération dont la couleur dépend de l’intention de celui qui la conduit. La définition devient alors circulaire : la couleur ne renseigne plus sur l’acte, seulement sur la façon dont l’auteur veut qu’on le juge.

La bleue, la jaune et les autres

Ces couleurs sont faiblement attestées et varient d’un auteur à l’autre. La bleue se rattache, selon les textes, à l’eau, à la guérison, à la parole ou au rêve ; la jaune au commerce, aux études ou à la communication. Il n’existe aucun socle commun qui permettrait de dire que l’une de ces acceptions est la bonne.

Deux sources d’emprunt expliquent une partie de ces attributions : les correspondances planétaires des traités anciens, qui associent déjà un métal et une teinte à chaque astre, et les couleurs de bougie des catalogues de fournitures, qui rangent par usage. Ce sont deux systèmes différents, et ils ne tombent pas d’accord.

Comment lire une page qui emploie ces mots

La seule méthode qui m’évite les contresens consiste à chercher, sur la page même, la définition que l’auteur donne de sa couleur. Quand elle est absente, le mot ne transporte aucune information : il faudra lire la description de l’opération pour savoir de quoi il s’agit, et la couleur ne sert alors qu’à ranger la page dans un rayon.

Sur ce que ces opérations produisent, je ne vais pas me prononcer. En revanche, l’âge d’un mot se vérifie, et c’est pour ça qu’il figure ici.

La magie verte est-elle la même chose que l’herboristerie ?

Non, mais les deux se recoupent largement sur la matière : mêmes plantes, mêmes gestes de cueillette et de séchage. Ce qui les sépare est le cadre dans lequel l’usage est présenté, et pour l’herboristerie en France, un cadre réglementaire qui n’a rien à voir avec les couleurs.

Faut-il une couleur de bougie précise selon la couleur de la magie ?

Les correspondances publiées ne concordent pas : le même usage reçoit des couleurs différentes selon les catalogues et les auteurs. Les listes les plus anciennes que l’on puisse citer sont les correspondances planétaires des traités du XVIe siècle, qui portent sur les métaux et les jours autant que sur les teintes.

Combien de couleurs existe-t-il en tout ?

Autant que d’auteurs, et le nombre a augmenté avec le web. Trois sont d’emploi général — blanche, noire, rouge —, une quatrième est bien installée — verte —, et les suivantes relèvent du vocabulaire propre à chaque texte.

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